
« Trouver sa juste place d’expression »
S’il fallait le définir en un mot, cela pourrait être «lien». Celui qu’il crée depuis novembre dernier par son écoute dans le cadre du Service d’accompagnement du deuil, pour lequel il est chargé des territoires du Val-de-Travers et du bord du lac. «Ce travail avec les familles en deuil me correspond bien; il me porte. C’est vraiment l’un des points où je trouve du sens à mon métier.»
Ce lien, il le tisse également depuis deux ans avec les paroissiens du Val-de-Travers, où il se plaît beaucoup: «C’est une belle communauté, vivante, qui se déplace de lieu en lieu. Elle est soudée, accueillante et j’y ressens une vraie joie, quelque chose de profondément bienveillant que je trouve très agréable. On s’entend aussi très bien avec mes trois collègues: les interactions et les émulations fonctionnent bien.»
L’accent est notamment mis sur les visites aux personnes qui en font la demande ou lorsqu’une tierce personne leur souffle un nom. «Il y a une certaine population en recherche de lien social. Je pense que l’Église a encore une vraie place. Même les personnes un peu distanciées ont un oeil sur ce que nous proposons et font appel à nous, par exemple pour les services funèbres. Ce rôle social des Églises est une façon de témoigner. Il est un espace pour affirmer la tendresse de Dieu pour les personnes rencontrées. Essayer d’accompagner ces personnes est actuellement une large composante de ma vie professionnelle.»
Une évidence pour la communauté
Rejoindre une paroisse était une évidence pour Guillaume Klauser tant l’aspect communautaire a compté dans son parcours. «Mon chemin de foi s’est constitué en partie hors de l’Église réformée. J’y ai grandi et découvert ma foi, mais elle s’est aussi enrichie ailleurs. Ma première semaine à Taizé, avant le début de mes études de théologie, m’a marqué dans ma foi et m’a lancé dans quelque chose.»
Au fil du temps, le Neuchâtelois a fréquenté les communautés de Grandchamp, de Taizé et l’Arche de Saint-Antoine, en Isère. «Elles ont été importantes dans mon cheminement personnel, avec notamment cette foi où Dieu a en premier lieu ce regard bienveillant sur chacune et chacun, dans le respect absolu de la conscience de l’autre. Faire communauté a été l’une des grandes réflexions de ma vie.» C’est durant un séjour de volontariat de six mois à Taizé qu’il a rencontré sa fiancée hollandaise, Iliana, qu’il épousera l’an prochain.
Son intérêt intellectuel pour les études de théologie – «je n’étais pas particulièrement doué, différentes personnes m’ont aidé» – s’est développé lorsqu’il était au lycée. L’Aumônerie de jeunesse de Neuchâtel et la formation pour devenir moniteur de catéchisme ont également largement compté dans son parcours: «Le groupe et la manière des uns et des autres de vivre leur foi m’ont aidé dans ma compréhension d’une foi ouverte et inclusive. De ces moments forts partagés, je garde aussi de belles amitiés de vie.»
Un soin particulier à la liturgie
C’est durant ses études universitaires, à Lausanne et Genève pour son bachelor puis pendant deux ans à Strasbourg – «une période intense et chouette» – pour son master, qu’il s’est «découvert une forme de vocation au métier pastoral», se demandant comment la concrétiser et «trouver sa juste place d’expression». L’écoute est une évidence pour lui, l’importance du culte dominical aussi. «Quoi qu’on en dise, la célébration du dimanche reste l’un des moments les plus forts que l’Église peut offrir aujourd’hui, à la fois communautaire et de fête. J’ai un soin à la liturgie, j’essaie de rendre les choses belles. Et même dans une forme de culte traditionnel, le contenu peut être progressiste.» La musique a de même une grande place dans sa vie spirituelle: «Je suis porté dans mon ministère par celle que je fais et celle que j’écoute, mais également par ma participation récente au choeur Yaroslavl, qui propose des chants orthodoxes.»





