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Battement réformé : avoir 20 ans et faire communauté

Emmanuelle Robert
30 octobre 2026
 
3 min de lecture
Collectif
«En chemin», tel est le thème de l’édition 2026 du BREF. Ou comment faire communauté quand on est une ou un jeune réformé∙e.

Elles et ils ont entre 20 et 27 ans, des projets, une pêche d’enfer – ou de paradis – et pas la langue dans leur poche. Célia, Lyah et Adrien font partie du comité qui organise le troisième Festival Battement réformé (BREF), les 21 et 22 novembre à Martigny. Le thème résonne particulièrement en ces temps où les repères se brouillent: «On est toutes et tous en chemin. On y va ensemble, notre objectif est un jalon», explique Lyah Emery, 21 ans, de Morges. «Pendant vingt-quatre heures, on est tous ensemble, même si nos chemins sont différents», selon la Romontoise Célia Jossevel, 20 ans.

Le collectif est un mot qui compte: «Les festivaliers n’ont pas besoin de se retrouver à fond dans toutes les valeurs du festival. Nous les proposons plutôt comme une ouverture. Notre diversité est une force», précise Lyah. «L’idée est de vivre ensemble un battement et de repartir chez soi avec cette impulsion, après avoir vécu ce moment communautaire», renchérit le Biennois Adrien Despont, aîné du comité avec ses 27 ans.

Créer du lien
Cette «émulsion collective» qu’est le festival a d’autant plus d’importance que les trois membres de son comité bénévole font le même constat: en dehors de la formation, les jeunes ont peu d’occasions de créer spontanément du lien. Au sein des Églises réformées, beaucoup de 25-30 ans ne trouvent rien qui leur corresponde. «Montrer qu’on est là, à notre manière protestante qui est de se questionner au lieu d’amener des réponses, et le faire à l’échelle romande», tel est le voeu du festival, ajoute Adrien.

Plutôt que de parler de transmission, Célia, Lyah et Adrien insistent sur les échanges, pas toujours faciles, d’ailleurs avec les institutions, ancrées dans leur fonctionnement: «Quand on va à la rencontre des gens, cela se passe bien, mais lorsqu’il n’y a pas de lieu où se rencontrer, c’est plus difficile de se comprendre. Par exemple, parfois, certaines personnes oublient que nous sommes des bénévoles.» Et Lyah de préciser que le Festival ne veut pas remplacer ce qui existe, mais apporter quelque chose de différent. 

Des valeurs et des repères 
«Ce que le BREF m’a donné, je ne l’ai jamais vraiment reçu ailleurs», constate Célia, passée de «festivalière au staff». Si ses années de catéchisme lui ont apporté «convivialité et communauté», elle n’en a pas retiré grand-chose «en matière de valeurs et de repères», contrairement au Festival, qui lui a donné envie de transmettre à son tour. Lyah abonde: «On se construit ensemble. À travers le BREF, je vois mon futur en Église.» Leur énergie, leur engagement et leur sens de l’accueil,
Lyah, Célia et Adrien le mettent au service du festival et des autres jeunes, avec un double questionnement: «Est-ce que j’apporte quelque chose de bien, et est-ce que cela me fait du bien à moi?»

Entre les générations
Quant à Adrien, il se préoccupe de ce qu’il pourra proposer quand il aura la trentaine. Regardant le chemin parcouru, il raconte une rencontre marquante: celle du catéchète professionnel avec qui il a fait son catéchisme avant de l’accompagner comme bénévole. «J’ai aussi beaucoup appris avec les catéchumènes», précise le jeune homme. Reflet tant des valeurs que des prises de conscience du jeune comité d’organisation, l’édition 2026 du festival se conclura par un dimanche intergénérationnel.

A ce propos, Célia salue l’excellent accueil des paroissiennes et des paroissiens de Martigny réservé à leur projet. Preuve qu’il n’y a pas d’âge pour se laisser gagner par l’énergie et la créativité de cette joyeuse équipe. Bref, on leur souhaite plein succès!

Festival BREF, Martigny, 21 et 22 novembre, 24 heures non-stop, par les jeunes et pour les jeunes: battement-reforme.ch.