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Sarah Badertscher, pasteure dans l’aumônerie des hôpitaux.

«J’aime le lien social et le contact»

Rencontre
Pasteure dans l’aumônerie des hôpitaux, Sarah Badertscher nous parle de son parcours riche et diversifié entre le Mexique, les différents postes qu’elle a occupés, son amour pour les histoires et la pâtisserie.

Elle a longtemps voulu devenir infirmière, jusqu’à ce qu’elle se rende compte, lors d’un stage, que la réalité du terrain était trop éloignée de ce à quoi elle s’attendait. Sarah Badertscher s’est alors réorientée vers la théologie avec l’idée de rejoindre une aumônerie d’hôpital. «J’ai adoré la diversité: la philosophie, les recherches historiques qui sont presque de l’archéologie des textes. Mes années d’étude ont été géniales. Elles ont également été une étape importante de mon cheminement spirituel, me permettant de découvrir d’autres facettes et une grande liberté, devenue centrale dans ma manière d’accompagner les gens aujourd’hui», explique-t-elle

La quadragénaire est née dans une ferme vaudoise, au sein d’une famille protestante d’origine suisse allemande. «Le lien à la nature est important à la fois dans ma vie et dans ma manière de vivre et de concevoir la spiritualité.» Son bilinguisme lui a permis d’étudier la théologie dans les Universités de Neuchâtel et de Zurich. Sarah Badertscher a ensuite été, durant une année, assistante en théologie pratique: «Le lien avec la pratique a été important durant mes études.»Son envie de contacts, de liens sociaux et d’être en relation a convaincu la Neuchâteloise d’adoption de s’engager ensuite avec DM pour une mission de deux ans au Mexique. «J’avais ce désir depuis longtemps. J’ai toujours eu cette curiosité pour les autres cultures et langues. 

Le regard pluriel sur la réalité est enrichissant», témoigne-t-elle. Pour le Séminaire baptiste, elle voyage dans tout le pays. Dans un petit village de montagne, le fait d’être une femme, jeune et pas mariée contrecarre son intégration. «Les décalages sociétal et culturel étaient trop importants.» Sarah Badertscher travaille ensuite dans la banlieue de Mexico, où «le mélange culturel est propice à une plus grande ouverture, à différentes manières de vivre et de croire».

Transmettre la foi chrétienne
A son retour en Suisse, elle fait son stage dans le Val-de-Travers puis sa suffragance dans la paroisse de La Côte. Le poste de responsable du service cantonal de la formation se libérant dans l’Église évangélique réformée fribourgeoise, elle n’hésite pas. «La transmission de la foi chrétienne était le thème de mon master.» Elle assurera durant quatre ans la formation des catéchètes francophones et germanophones avant de souhaiter «retourner en paroisse car le lien social et le contact avec les gens me manquaient». Au Joran, elle accompagnera à nouveau des gens dans «toutes les étapes de la vie», dont les adolescents. «J’aime beaucoup. C’est un grand investissement, mais il se passe des choses très chouettes.»

Lorsqu’un poste à l’aumônerie de l’hôpital Pourtalès se libère, il y a bientôt quatre ans, c’est une évidence pour Sarah Badertscher. «C’est pour cela que j’ai étudié la théologie! Je me sens à ma place en prenant soin des personnes, en étant avec elles dans ce qu’elles sont en train de vivre, en les accompagnant et en mettant en valeur leurs propres ressources dans cette situation de vulnérabilité. Même lorsqu’il y a de la souffrance, il est possible d’accueillir autre chose: la vie est colorée de plein de couleurs différentes.»

Celle qui aime bien «faire des choses assez différentes» se ressource volontiers avec des projets créatifs: pâtisser, avec une prédilection pour le cake design, organiser les anniversaires de ses deux enfants, âgés de 6 et 8 ans – elle a rencontré leur père six mois avant le terme de son engagement au Mexique –, pour lesquels elle «exploite» les nombreux récits et histoires, bibliques ou pas, qu’elle a toujours appréciés. «Le récit est une autre possibilité d’être au monde et dans le monde. C’est notamment pour cela que c’est important de raconter les histoires de la Bible, de faire des jeux de rôle au catéchisme et d’écouter l’histoire des personnes que je rencontre dans mon travail d’aumônier.»