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Que faire du commun?

1 day 19 hours ago

Notre époque ne cesse de produire des espaces de rassemblement: communautés en ligne, groupes d’affinités, cercles de pensée ou d’influence. Loin de disparaître, le collectif semble se reconfigurer en permanence. Mais derrière cette multiplication des «nous», comment se construit une communauté - et que fait-elle, nécessairement, de ce qui la dépasse? On croyait pourtant avoir épuisé la question du collectif. Trop de discours, trop d’injonctions à «faire lien», à «faire groupe», à «faire sens ensemble». Et pourtant, jamais peut-être n’avons-nous autant cherché à appartenir, à quelque chose, à ...

Émilie Fradella

40e édition du FIFF de Fribourg

1 day 20 hours ago
Avec une fréquentation de plus de 50’000 personnes l’an dernier, le Festival international du film de Fribourg (FIFF) continue à s’affirmer comme une véritable institution du paysage culturel fribourgeois. Comme à l’accoutumée, sa programmation a été marquée par une grande diversité géographique: 114 films en provenance de 62 pays différents. Ce qui reflète la volonté du festival d’être un événement résolument ouvert sur le monde.
Noémie Baume

24e édition du FIFDH de Genève

1 day 21 hours ago
À nouveau, les salles du Grütli et du théâtre Pitoëff étaient le plus souvent combles pour accueillir les projections et les débats d’une programmation entrant largement en écho avec l’actuel désordre de la géopolitique mondiale. Ce ne sont pas moins de 32’000 spectateurs qui ont arpenté les salles obscures durant les dix jours du festival.
Noémie Baume

Entretien avec Moris Freiburghaus et Dino Brandão

1 day 22 hours ago
À l’occasion de la projection des films nominés au Prix du cinéma suisse, organisée en mars dernier au Cinéma Bio à Genève, nous avons rencontré les Zurichois Moris Freiburghaus et Dino Brandão, co-auteurs de I Love You, I Leave You. Le lendemain de cet entretien, leur film remportait à la fois le Prix du Meilleur documentaire et celui de la Meilleure bande originale - un doublé remarquable pour cette production du collectif Sabotage.
Émilie Fradella

Les jeunes plumes du Gymnase de Burier

2 days 5 hours ago
Dans le cadre du cours facultatif de cinéma proposé au Gymnase de Burier par notre rédactrice et professeure de français Sabrina Schwob ainsi que par la professeure Marjorie Tille, les élèves cinéphiles ont la possibilité de publier leurs critiques dans Ciné-Feuilles. Cette rubrique leur offre un espace d’expression pour partager avec nos lectrices et lecteurs leurs enthousiasmes, leurs interrogations ou leurs déceptions face à des films choisis librement, tout en leur permettant d’exercer et d’affirmer leur esprit critique face aux images.
Invité.e

Dossier spécial Hong-Sang Soo

2 days 8 hours ago
À l’occasion de la sortie de Ce que cette nature te dit, Hong Sang-soo poursuit, avec une constance presque troublante, un même geste: reprendre les situations les plus simples - parler, boire, se rencontrer - pour en déplacer, film après film, les lignes les plus infimes. Ce dossier propose d’entrer dans ce cinéma de la variation, fait de paroles qui trébuchent, de corps en léger décalage, et situations qui reviennent sans jamais se résoudre. Ici, l’insignifiant devient matière, le hasard ouvre des brèches, et la mise en scène - sous son apparente simplicité - agence un réseau discret de tensions, de silences et d’écarts.
Anthony Bekirov

Un passé sans images

1 month ago
Certains films naissent d’une absence, certaines images arrivent trop tard. D’autres, le cinéma doit les inventer. Car la mémoire collective n’est jamais complète, ponctuée de silences, de ruptures, voire d’images manquantes - et désormais facilement falsifiables. Le philosophe Walter Benjamin écrivait en 1940 dans ses Thèses sur le concept d’histoire (1) que le passé surgit par éclairs dans le présent, lorsque celui-ci tente de comprendre ce qui l’a précédé. Le cinéma sait accueillir ces fragments et les recomposer en témoignages et récits, pour faire apparaître un savoir souvent lacunaire.Dès les années 1950, certains films interrogent cette question, à l’instar de Nuit et brouillard (1956), où Alain Resnais mêle images d’archives et paysages contemporains des camps nazis pour montrer comment les lieux eux-mêmes portent encore l’empreinte des événements. Plus tard, avec Shoah (1985), Claude Lanzmann choisit de ne montrer aucune archive, et traduit un héritage qui n’existe plus que dans la parole des survivants, ainsi que dans les paysages d’aujourd’hui. Cette réactivation de la mémoire rappelle la pensée d’Aby Warburg et sa notion de Nachleben, la «survivance» des images, développée dans son projet inachevé L’Atlas Mnémosyne (2) (1924-1929), selon laquelle les formes visuelles traversent les siècles et réapparaissent dans d’autres contextes historiques.
Émilie Fradella

Entretien avec Dea Gjinovci

1 month ago
Née en Suisse de parents kosovars, la cinéaste Dea Gjinovci explore depuis plusieurs films les territoires sensibles de l’exil, de la mémoire et de l’héritage familial. Avec La Beauté de l’âne, elle entreprend un retour au Kosovo aux côtés de son père, Asllan, contraint de quitter son village dans les années 1960 et resté longtemps éloigné de sa terre natale. Ensemble, ils reviennent à Makermal, un village profondément marqué par la guerre et par l’effacement des lieux et des visages qui peuplaient autrefois ses souvenirs. Entre documentaire et reconstitutions performatives réalisés avec les habitants du village, le film met en scène la reconstruction fragile d’une mémoire transmise, transformée, et parfois perdue.
Émilie Fradella

76e édition de la Berlinale

1 month ago
«Qui soutient qui?» Tel aurait pu être le slogan de cette 76e édition berlinoise. Comme la plupart des grands festivals ces trois dernières années, elle n’a pas échappé aux remous de l’actualité internationale: débats, prises de position, déclarations publiques ont souvent occupé un espace conséquent. Mais ces vagues n’étaient pas tant liées à la qualité des films en compétition qu’aux discours qui les entouraient, laissant poindre un constat désolant: le cinéma est bel et bien sommé de répondre à autre chose qu’à lui-même, indépendamment de sa facture ou de sa justesse. Dans d’autres domaines, on parlerait volontiers de déplacement d’influence, mais dans le champ cinématographique, on déguise cela en prise de position.
Sabrina Schwob

61e édition des Journées de Soleure

1 month ago
L’ouverture du festival a été marquée par une soirée où le brouillard s’était à nouveau invité dans la charmante vieille ville de Soleure, lui donnant un aspect aussi fantomatique que mystérieux. Comme à l’habitude, le public et les professionnels du cinéma se sont pressés en masse à la Reithalle, dont les 900 places étaient combles pour l’ouverture des festivités. Ce ne sont ensuite pas moins de 65’000 spectateurs qui ont arpenté les salles pour découvrir une programmation comptant 93 longs métrages et 71 courts, dont 68% de documentaires et 32% de fictions.
Noémie Baume

Deux procureurs

1 month ago
Au milieu des purges staliniennes, une lettre de détenu trouve son chemin vers un jeune procureur. Sensible aux injustices, ce jeune fonctionnaire biberonné à l’idéalisme d’État tentera de renverser la machine bureaucratique de répression mise en place. Pour sa fable en forme d’avertissement au monde contemporain, Sergei Loznitsa infuse sa mise en scène d’une longue tradition libertaire soviétique.
Paul Guhennec

33e Festival du film fantastique de Gérardmer

1 month ago
Accompagné de trois confrères cinéphiles, nous avons traversé les départementales vosgiennes jusqu’à Gérardmer, une ville du nord-est de la France connue à l’origine pour son domaine skiable mais également pour son Festival du film fantastique qui, en 2026, passe le cap de la 33e édition.
Invité.e

À propos du travail gratuit

2 months ago
Dans la sphère du domicile, le travail gratuit constitue une règle tacite ancienne, qui n’a rien d’exceptionnel, puisqu’il est considéré comme naturel et nécessaire, cantonné aux travaux domestiques et au soin. Longtemps attribuée aux femmes par défaut, cette économie souterraine composée de dévotion, d’heures non comptées et d’effort sans salaire, a pourtant été la base de l’économie officielle. Parlons aujourd’hui d’une notion clé des affaires culturelles helvétiques: la massification du bénévolat au sein de l’organisation culturelle, en particulier dans le champ de l’événementiel, de l’art contemporain, de la presse mais aussi et de plus en plus dans celui du cinéma. Bien que le pays n’ait jamais été aussi riche, la tendance demeure à la hausse. Alors, pourquoi continue-t-on d’exploiter la culture et les femmes? Ce parallèle n’a pourtant rien d’étrange, puisque tout comme le travail domestique, le travail culturel s’appuie sur une fiction tenace et rétrograde: la vocation n’aurait pas besoin d’argent. On ne travaillerait donc pas contre rémunération, mais pour la cause, l’engagement remplaçant le salaire; et en guise de reconnaissance symbolique, gardons donc le symbole comme rétribution matérielle. Dans la majorité des cas, cette gratuité n’est plus un choix mais se voit imposée, sélectionnant les profils qui peuvent se permettre de travailler sans salaire, excluant silencieusement les autres classes sociales plus modestes, comme au siècle dernier.
Émilie Fradella

27e édition du Black Movie, Genève

2 months ago
De retour en terres genevoises pour sa 27e édition, le Festival international de films indépendants Black Movie a accaparé les écrans de la Capitale de la paix du 16 au 25 janvier pour y déployer sa fameuse sélection: 104 films, dont 48 longs et 56 courts, glanés çà et là dans les courants des eaux alternatives.
Émilie Fradella

Dossier Spécial: Sinji Sōmai, l'intranquille du cinéma japonais

2 months ago
Shinji Sōmai (相米慎二), né le 13 janvier 1948 à Morioka, dans la préfecture d’Iwate, mort prématurément le 9 septembre 2001, est l’un des cinéastes les plus singuliers et les plus sous-estimés du Japon de l’après-Seconde Guerre mondiale. En l’espace de vingt années d’activité, il réalise treize longs métrages au parcours polymorphe, oscillant entre films populaires, expérimentations formelles et drames humains profondément sensibles.
Anthony Bekirov

Jeux dangeureux

2 months ago
To be or not to be, c’est l’audace faite film, pour un sommet de comédie noire qui se tient fièrement au niveau du Dictateur de Chaplin (1940) autant dans son ambition que dans sa portée politique.
Thomas Bonicel

Cinquante nuances de blanc

3 months ago
Proclamée couleur de l’année 2026 par l’entreprise américaine Pantone, la nuance «Cloud Dancer» (PQ-11-4201TCX), tirant vers la teinte grège cotonneuse, à cheval entre le beige clair et le gris, anime les colonnes de la presse outre-Atlantique. Car si les tendances esthétiques sont présentées comme dictées par l’industrie, et plus grossièrement diffusées par le marketing médiatique - la Mode en cheffe de file -, elles donnent volontiers place à l’interprétation ainsi qu’aux savantes analyses de la part des spécialistes et journalistes de tout bord, qui se lancent à cœur joie dans la psychanalyse colorimétrique. TIME relaie d’ailleurs l’argumentaire du communiqué de Pantone tel un programme: «Une affirmation consciente de la simplification: Cloud Dancer renforce notre concentration, en nous libérant de la distraction des influences extérieures»1. Et le vocabulaire employé trahit déjà l’usage qu’on veut faire de cette teinte en prescrivant une disposition intérieure, car ce «blank canvas» n’est pas vide: il est déjà tendu et prêt à recevoir ce qui convient (et à effacer ce qui dérange).
Émilie Fradella

Entretien avec Nicolas Wadimoff, Haneen Harara et Mahmoud Jouda pour Qui vit encore

3 months ago
Sur la carte de Gaza tracée au sol à la peinture blanche, les neuf protagonistes du dernier long métrage de Nicolas Wadimoff, Qui vit encore (sortie romande le 28 janvier prochain), partagent une parole rare, redonnant une humanité singulière à des destins trop souvent réduits au silence. Échange croisé avec le réalisateur, Haneen Harara et Mahmoud Jouda, pour écouter ce qui résiste, malgré tout.
Laury Garcia Haouji

Entretien avec Erige Sehiri pour Promis le ciel

3 months ago
Projeté en ouverture de la sélection Un Certain Regard au Festival de Cannes 2025, Promis le ciel est un second long métrage d’une grande pudeur, qui brosse le portrait de trois femmes, trois migrantes subsahariennes ayant rejoint la Tunisie. Rencontre avec Erige Sehiri à l’occasion de l’avant-première genevoise en fin d’année passée.
Luca Palumbo
Checked
4 hours 24 minutes ago
Ciné-Feuilles est une revue indépendante qui paraît tous les mois, parle de tous les films qui sortent dans les salles de Suisse romande, propose une sélection de films diffusés sur le petit écran, offre des compte-rendus de plusieurs festivals de cinéma
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