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Chapelle de St-Loup (©Communauté des diaconnesses)

Écouter le culte

Prédication

Référence(s)
Philippiens
Chapitre
3
Versets
7
à
14
Matthieu
Chapitre
4
Versets
1
à
11

3000 athlètes pour 116 titres olympiques... 
Ce sont les chiffres officiels des jeux olympiques de Milan-Cortina, qui se terminent aujourd’hui.
3000 sportifs pour 116 médailles d’or, ça fait beaucoup de perdants ! … même si les suisses en ont remporté une bonne série !
En revanche, quand Jésus gagne, tous sont gagnants !
Ce dimanche est le premier du cheminement qui nous conduit jusqu’aux célébrations de Vendredi-Saint et Pâques. Durant cette période, nous nous rappelons tout particulièrement que lorsque Jésus meurt et revient à la vie, il remporte une victoire dont tous peuvent bénéficier.
Cette victoire commence par le récit des tentations que nous venons de relire. Déjà là, Jésus met le diable en échec sur tous les plans, et nous sommes tous gagnants. En effet, par son attitude et ses réponses, Jésus nous ouvre le chemin de la victoire sur le mal dans nos propres combats.

Quel entraînement et appui pour gagner
Dans le sport, pour gagner, il faut un solide entraînement du corps et de l’esprit. Jésus aussi s’est préparé. Tout fils de Dieu qu’il soit, Jésus a passé 30 ans dans l’anonymat d’un petit village de Galilée, loin des lieux du pouvoir politique ou religieux. A 12 ans, pourtant, Jésus était déjà capable de dialoguer avec les maîtres du Judaïsme. L’évangile nous raconte que : « Tous ceux qui l'entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. » Pourtant, jusqu’à l’âge de trente ans, Jésus est resté dans un modeste travail de charpentier. Toutes ces années cachées sont comme un long entraînement, une patiente préparation avant de débuter son service, avant d’entrer en compétition ouverte contre le mal. Cette persévérance, a forgé en Jésus deux éléments essentiels de sa victoire : une profonde humilité et une intense relation de confiance avec Dieu son Père. Humilité et communion avec Dieu ne sont pas les compétences les plus estimées pour être un gagnant dans notre monde. Cependant ces aptitudes seront la force de Jésus dans son combat contre le diable. Cette compétition va débuter dès l’entrée de Jésus dans la vie publique lors de son baptême par Jean Baptiste. Celui-ci est raconté dans les versets juste avant le récit de la tentation.

L’en-jeu : la relation à Dieu
Au jour du baptême de Jésus, Dieu le présente à tous comme son fils bien-aimé. Une voix venue du ciel proclame : « tu es mon fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection ». En même temps, une colombe, symbole de l’Esprit de Dieu descend sur Jésus. Ainsi Le Père et l’Esprit Saint introduisent et accompagnent Jésus dans son service. Cette communion de Jésus avec le Père et l’Esprit Saint va être attaquée par les offres du diable à Jésus. Il suggère d’abord :
« Si tu es le fils de Dieu, ordonne à ces pierres de se changer en pain. » Puis, « Si tu es le fils de Dieu, jettes-toi en bas… du sommet du temple ». N’ayant pas de succès, le diable tente le tout pour le tout : « si tu te prosternes devant moi (le diable) pour m'adorer. » 
Le diable sème le doute sur cette communion entre Père et Fils. Elle devrait être confirmée ou elle pourrait même être brisée par une nouvelle alliance avec l’ennemi de Dieu.
La victoire de Jésus est de refuser toute séparation d’avec son Père. Il protège cette relation plutôt que de défendre ses propres intérêts. Dans ses réponses, Jésus réintroduit chaque fois Dieu. Il se replace dans son lien avec son Père céleste. Jésus affirme :
“L'être humain ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.” 
“Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu.” 
“Adore le Seigneur ton Dieu et ne rends de culte qu'à lui seul.” Jésus résiste au diable avec la force de l’Esprit Saint en se centrant sur Dieu, son Père.
La tentation fondamentale pour tous les humains, c'est de vouloir se débrouiller tout seul, sans Dieu. Le diable vise ce point faible de notre cœur. Son nom signifie : celui qui « jette au-travers ». Le diable « jette au-travers » de nos relations toutes sortes d’idées ou de circonstances pour les biaiser ou pour les salir. Il nous glisse, par exemple, dans nos pensées, des soupçons, des imaginations, des interprétations sur tel ou tel événement… Le diable cherche à nous séparer de Dieu et à nous diviser les uns des autres.
Jésus a une confiance absolue en l’amour de son Père. Il croit qu’il pourvoira à ses besoins. La soumission complète de Jésus à la manière d’agir de son Père lui permet de repousser les assauts de son adversaire. Cela demande de l’humilité et beaucoup d’amour, pour Dieu et pour tous les humains que Jésus est venu servir.
Jésus est pleinement gagnant. Le diable s’éloigne et des anges viennent le servir. Cependant la réussite de Jésus s’étendra encore dans les années suivantes. Elle répondra aux besoins de l’humanité toute entière et non seulement à ses propres besoins. Les succès de Jésus seront le fruit de sa relation pleine d’amour avec son Père et avec l’Esprit-Saint.

Les victoires de Jésus au bénéfice de tous
Voyons maintenant comment Jésus gagne, afin que tous soient gagnants. Jésus a refusé les offres du diable, mais il a finalement reçu bien plus de la part de Dieu en lien avec chacune des tentations subies.
1ère tentation : le diable a proposé à Jésus de produire miraculeusement du pain pour combler la faim qui le tenaillait après 40 jours de jeûne. Oui Jésus va le faire, mais plus tard, au moment préparé par son Père. Ainsi, Jésus multipliera pain et poisson pour des milliers personnes et tous sont rassasiés… et non pas lui tout seul dans son désert.
2ème tentation : le diable a suggéré à Jésus de sauter en bas du toit du temple pour forcer Dieu à prouver son amour à son fils. Une fois encore, oui, le Père va sauver son fils de la mort… plus tard, une fois qu’il aura donné sa vie pour porter les péchés et les maladies de tous sur la croix. Ainsi, une fois encore, tous les hommes vont y gagner : au matin de Pâques, la mort a perdu la bataille non seulement pour Jésus, mais aussi pour toute l’humanité.
3ème tentation : Le diable a offert à Jésus le pouvoir sur toute la terre, mais Jésus recevra bien plus de son Père. Au moment de rejoindre son Père, après sa Résurrection, Jésus affirme à ses disciples : « tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre ». Ainsi Dieu le Père donne tout pouvoir à celui qui s’est abaissé par amour au service de tous. En recevant ce pouvoir au ciel et sur la terre, Jésus pourra prendre soin de ses bien-aimés non seulement dans cette vie-ci, mais aussi au-delà de la mort.
Trois tentations, trois victoires retentissantes !
Oui, quand Jésus gagne, tous sont gagnants.

Nos combats et nos victoires
Les victoires de Jésus sont non seulement un cadeau pour nous, mais elles nous invitent aussi à résister à notre tour au mal. Notre victoire dans les épreuves dépend, comme Jésus de notre humilité et de notre relation avec Dieu, Père, Fils et Saint Esprit.
Les paroles adressées à Jésus au moment de son baptême sont aussi destinées à toute l’humanité auquel Jésus s’identifie. « Tu es mon fils, ma fille bien-aimé(e) ». L’amour de notre Père céleste est notre point d’appui dans la souffrance ou dans tout combat contre le mal.
Quand nous nous reposons sur cette conviction de l’amour bienveillant de Dieu notre Père, alors nous sommes gagnants.
Je ne comprends pas ma souffrance ou celle des autres, mais je crois que malgré tout notre Père nous aime et saura nous donner la force, ouvrir un chemin d'espérance pour moi, comme pour ce monde... Si comme Jésus, je résiste dans mes pensées aux propositions du diviseur ou à mes désirs égoïstes en m'enracinant dans l'amour de notre Père qui est aux cieux, alors son amour sera gagnant pour moi et pour mon prochain.
La tentation, qui sous-tend toutes les autres, c’est de vivre en dehors de l’amour de Dieu, notre Père. Notre tentation, c’est de nous replier sur nous-même ou de nous placer en-dessus des autres… voir en-dessus de Dieu ! Nous sommes perdants pour nous-même et pour les autres quand nous pensons, nous parlons, nous raisonnons, nous agissons en-dehors de la sphère d'amour de notre Père. Et nous sommes gagnants quand nous nous appuyons sur Dieu notre Père bien-aimé et que nous croyons qu’il est toujours avec nous malgré les difficultés.

Une victoire autrement
Si nous pensons aux tentations et victoires de Jésus, nous dirons que :
Gagner, c’est offrir à d’autres ce que nous aurions pu gagner seulement pour nous-même.
Gagner, c’est entrer et rester dans la relation avec notre Dieu, en lui partageant nos pensées, en nous déchargeant sur lui de nos soucis, en recevant sa consolation, sa force, ses conseils, son amitié infaillible. En confiant tout à Dieu, notre Père et en choisissant en toutes circonstances de le laisser être qui il est, nous serons tous gagnants. 
Gagner, c’est comme Jésus, tout recevoir de notre Père, reconnaître que Dieu sait mieux que nous, qu’il voit plus large que nous, dans le temps et dans l'espace.
Gagner ne signifie pas ne pas souffrir ou ne pas passer par des moments difficiles. Non gagner, c’est pouvoir tout vivre, en restant dans une relation de cœur à cœur avec Dieu.
Et cette victoire-là est possible pour tous ! 
Si 3000 se lancent dans la course avec Jésus, il y aura non seulement 3000 gagnants, mais aussi des milliers d’autres qui seront bénis par l’amour de Dieu notre Père, qui habite en eux !